Le corps de la honte. Sociohistoire de la prise en charge de VIH/sida en Guadeloupe. (2016) S. Ferez et S. Ruffié (dir), Nancy, PUN.

samedi 26 septembre 2015
par  Lettre de la 3slf (1)
popularité : 8%

Le corps de la honte. Sociohistoire de la prise en charge du VIH/sida en Guadeloupe. (2016). S. Ferez et S. Ruffié (dir.), Nancy, PUN

Lorsqu’il apparaît au début des années 1980, le sida suscite l’effroi. Quel est ce mal inconnu qui renoue avec les anciennes épidémies mortelles que les progrès de la science avaient, dans la seconde moitié du 20e siècle, permis d’éradiquer ? Expression d’un mal renvoyant aux vieilles peurs, il devient vite une maladie de la marge et de la honte… Si l’infection au VIH est depuis bientôt deux décennies l’objet de traitements thérapeutiques efficaces, elle demeure néanmoins fréquemment dissimulée, y compris à la famille et aux proches. En Guadeloupe, cette dissimulation est souvent drastique. Car ici, le stigmate associé à l’infection revêt une force et une signification particulières. Pourquoi ? Cet ouvrage entend montrer combien l’expérience du VIH s’élabore dans un rapport à la prise en charge sanitaire marqué par la situation post-coloniale. Pour ce faire, il procède en plusieurs étapes. La première, qui repose sur l’analyse des bases politico-administratives et épistémologiques de la prise en charge, souligne les continuités qui s’opèrent avec le regard porté sur la lèpre (qui reste une préoccupation de santé publique jusqu’au début des années 1970 aux Antilles françaises) et le rôle joué par l’épidémiologie. La deuxième, qui se centre sur l’étude de la structuration de la prise en charge associative, montre la dépendance de cette dernière à l’égard des logiques institutionnelles. Les enjeux et tensions propres au vécu du VIH ne sont finalement appréhendés que dans un troisième et dernier temps, à la lumière de cette mise en contexte socio-historique. Ils apparaissent alors à la fois comme l’effet des traces laissées par l’imaginaire colonial (véhiculé par la culture impériale) et des dispositions socioculturelles produites en situation post-coloniale.

Nicolas Bancel – Préface

Introduction générale : Production et gestion de l’indicible et de l’invisible

Histoire du « mal » et de sa contagion
Sylvain Ferez, Jacques Dumont, Kirsten Beukenkamp – Lèpre et VIH : une étonnante continuité ;
Sylvain Ferez, Sébastien Ruffié, Barbara Thiandoum, Mélanie Perez – L’épidémiologisation du mal.

L’organisation de la prise en charge et de la lutte contre le VIH/sida
Sylvain Ferez, Sébastien Ruffié, Barbara Thiandoum, Estelle Duval – Inscription médicale et médico-sociale d’une initiative associative (1986-1992) ;
Sylvain Ferez, Sébastien Ruffié, Barbara Thiandoum – Par-delà les « crises » : tensions culturelles et/ou organisationnelles ? (1993-1999).

Le corps infecté et la gestion de sa visibilité
Sylvain Ferez, Barbara Thiandoum, Sébastien Ruffié – La production institutionnelle de la « précarité » en milieu postcolonial ;
Sylvain Ferez, Julie Thomas, Éric Perera, Christelle Paoli – Gestion du corps contaminé et invisibilisation de soi.

Conclusion : Le corps souillé et l’institution de la honte



Brèves

18 novembre 2013 - L’européanisation des politiques sportives

L’européanisation des politiques sportives Séminaire international et interdisciplinaire (...)

13 novembre 2013 - Séminaire de recherche EHESS année universitaire 2013-2014

Séminaire de recherche EHESS année universitaire 2013-2014 Le football à l’épreuve du fait (...)