L’accompagnement social par le sport : Enjeux organisationnels, politiques et éducatifs sous l’angle des sciences sociales
Contexte scientifique
Depuis les années 1990-2000, les sciences sociales ont largement déconstruit l’idée d’un sport naturellement intégrateur : ses effets sociaux ne sont ni automatiques ni universels, mais dépendent des usages, des publics, des contextes et des finalités qui lui sont assignés. L’appel propose désormais de dépasser ce consensus pour analyser le développement récent de l’accompagnement social par le sport. Celui-ci ne concerne plus seulement les jeunes des quartiers populaires, mais aussi les chômeurs, réfugiés, mineurs non accompagnés, détenus ou femmes victimes de violences, et se déploie autour d’enjeux diversifiés : emploi, migration, justice, santé, violences de genre ou décrochage scolaire. Une extension s’accompagnant d’une transformation de l’action publique et du paysage organisationnel.
Trois axes de recherche
1. Sociologie politique de l’accompagnement social par le sport.
Il s’agit d’interroger les finalités politiques ses usages, au-delà de l’apolitisme revendiqué, lorsque les programmes visent à responsabiliser, protéger, remobiliser ou transformer les individus. Les contributions pourront analyser les tensions entre éducation, émancipation et disciplinarisation, inscrire les dispositifs dans les dynamiques historiques des politiques sociales, ou examiner cette portée politique à travers les pratiques de l’intervention sociale par le sport et non seulement à travers les discours.
2. Sociologie des organisations et de l’action publique « socio-sportive ».
L’appel invite à étudier la reconfiguration des acteurs et des frontières entre mouvement sportif, travail social et politiques publiques. Les contributions pourront porter sur les financements et la gouvernance, les relations entre nouveaux acteurs et fédérations historiques, les effets de concurrence et de regroupement, ainsi que sur les enjeux d’emploi, de formation, de compétences et de professionnalisation.
3. Prendre au sérieux les effets sans tomber dans l’écueil évaluatif.
L’objectif est d’étudier rigoureusement les effets des dispositifs : quelles conditions produisent quels effets, pour quels publics et par quels mécanismes ? L’appel souligne les difficultés à établir des causalités, voire l’impasse d’une approche de type causale, et met en garde contre une évaluation réduite aux attentes des financeurs. Il invite à privilégier des recherches attentives à la complexité des trajectoires tout en évitant l’instrumentalisation des sciences sociales au service d’usages politiquement situés du sport et d’un transfert de responsabilités collectives vers les individus.
Ouverture internationale et portée du dossier
De manière transversale, l’appel encourage les mises en perspective internationales, notamment avec le champ du « sport for development » (SFD), particulièrement développé dans la littérature anglo-saxonne mais encore peu investi par la recherche française. Il s’agit de mieux situer les spécificités françaises tout en interrogeant les circulations de modèles, de catégories et de pratiques. L’ambition est donc de fournir une lecture critique des usages sociaux du sport, de mieux comprendre les logiques institutionnelles et organisationnelles qui les structurent, et d’identifier les conditions dans lesquelles ces dispositifs peuvent contribuer à réduire les vulnérabilités sans naturaliser leurs effets.
Modalités de contribution
Résumé (titre + 3000 signes maximum) à envoyer avant le 1er décembre 2026 à david.sudre@u-pariscite.fr, francois.leyondre@univ-rennes2.fr et alexandre.oboeuf@u-pariscite.fr – réponse du comité le 15 décembre 2026 – texte complet (60 000 signes maximum) attendu le 15 mars 2027, pour publication dans la revue STAPS au premier trimestre 2028.
