C’est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de Jean-Michel Faure, survenu ce samedi 17 octobre 2026, à l’âge de 90 ans.
Professeur des universités à l’UFR de sociologie de l’Université de Nantes, après avoir été maître de conférences à l’Université Paris VIII, il a marqué de son empreinte le développement de la sociologie du sport. Il a réalisé sa thèse d’État, soutenue en 1987 sous la direction de Christian Baudelot, sur « Sports, cultures et classes sociales ».
Ses travaux portent sur les pratiques sportives dans leurs relations avec d’autres pratiques sociales dont elles sont indissociables. Il a écrit plusieurs textes fondateurs pour la sociologie du sport, seul ou avec Charles Suaud, parmi lesquels : « L’éthique puritaine du marathonien » (1987), dans la revue Esprit ; « Les footeux de Voutré » (1989) ; « Un professionnalisme inachevé » (1994, avec Charles Suaud), dans les Actes de la recherche en sciences sociales ; Le football professionnel à la française (1999, avec Charles Suaud), aux Presses universitaires de France ; et, plus récemment, La Raison des sports. Sociologie d’une pratique universelle et singulière (2015, avec Charles Suaud), aux éditions Raisons d’agir.
Il a aussi joué un rôle majeur dans l’installation d’une équipe thématique de recherche sur le sport à Nantes, au sein du LERSCO (Laboratoire d’études et de recherches sociologiques sur la classe ouvrière), puis au CENS (Centre nantais de sociologie). Il a codirigé avec Charles Suaud, entre 1992 et 1996, un groupe de recherche sur le sport soutenu par le CNRS, qui a notamment permis la réalisation de plusieurs enquêtes de comparaison internationale avec des pays européens (Allemagne, Angleterre).
Il a aussi dirigé plusieurs thèses sur le sport dont les auteurs (Claude Boli, Sébastien Fleuriel, Gildas Loirand, Nicolas Lefèvre, Bruno Papin, Arnaud Sébileau, Hassen Slimani) ont prolongé le chemin tracé.

